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Regard sur la nouvelle génération d’artistes : Simon-Rys Landry
Cet article a été réalisé dans le cadre d'un partenariat avec le Département de théâtre et la Faculté des arts de l'Université d'Ottawa.
Originaire de Sudbury en Ontario, Simon-Rys Landry, né en 2004, est en train de vivre l'un des moments les plus intenses de son parcours : ce soir, il monte sur scène pour la première de Porc-épic de David Paquet, mis en scène par Amélie Bergeron, son spectacle de fin d'études à l'Université d'Ottawa. Rencontre avec un artiste complet, curieux et résolument libre.
Élevé dans la culture
Pour Simon-Rys, le théâtre a toujours été une évidence. Issu d'une famille d'artistes — musiciens, comédiens, créateurs de toutes sortes — il grandit entouré d'art à Sudbury. Une de ses premières émotions théâtrales ? Voir sa mère sur scène au Théâtre du Nouvel Ontario. « J'ai toujours été élevé dans ce milieu artistique-là », dit-il simplement.
À 5 ou 6 ans, il monte lui-même sur les planches pour la première fois. Quelques années plus tard, il rejoint un camp de théâtre estival au Carrefour francophone de Sudbury, dirigé par Myriam Cusson — aujourd'hui professeure à l'Université d'Ottawa. Un lien symbolique qui court de ses tout débuts jusqu'à aujourd'hui.
Un artiste aux multiples facettes
Ce qui frappe d'emblée chez Simon-Rys, c'est l'étendue de ses pratiques. Pianiste, chanteur, producteur de musique, il se lance tôt dans la direction musicale de comédies musicales, puis dans l'écriture et la mise en scène. À l'école secondaire, il écrit même une pièce pour sa propre troupe.
À l'Université d'Ottawa, où il achève un baccalauréat en pratique théâtrale, il s'intéresse particulièrement à la conception sonore — « ça m'active toujours, l'environnement sonore » — ainsi qu'au théâtre physique et à ce qu'il appelle le théâtre de l'intime : ces petites formes jouées au plus près du public, où tout repose sur la justesse et la précision du geste.
Oser l'intensité
Son parcours universitaire l'a confronté à des œuvres exigeantes. L'année dernière, il joue dans Le Traitement de Martin Crimp, mis en scène par Marguerite Friend, dans le rôle d'Andrew — une présence menaçante, sombre, loin de lui. Une expérience déstabilisante, mais formatrice : « On a appris à trouver le plaisir du jeu dans la cruauté, dans la violence des personnages — à en faire quelque chose qui maintienne son impact tout en étant jouable pour nous ».
Avant cela, il avait déjà exploré les univers crus de Sarah Kane avec 4.48 Psychose, une performance sensorielle dans une petite salle plongée dans le noir. Ces expériences l'ont aidé à développer une économie de jeu précieuse : dans le théâtre de l'intime, le moindre geste compte.
Le point culminant : Porc-épic
Ce soir, Simon-Rys et ses quatre camarades de cohorte ouvrent Porc-épic de David Paquet, mis en scène par Amélie Bergeron. Tout le contraire du Traitement : une comédie noire, absurde, légère par moments, touchante dans l'âme. « C'est le point culminant de notre parcours. On sent que ça nous représente vraiment bien comme cohorte, dans nos forces. »
Ce qui vient
Simon-Rys ne se fixe pas de frontières. Bilingue de naissance, il a joué en anglais à Ottawa avec plusieurs compagnies dont le Ottawa Little Theatre, où il a tenu le rôle principal de The Curious Incident of the Dog in the Night-Time. Pour lui, les deux langues font partie intégrante de sa pratique artistique et lui ont ouvert plus de portes qu'elles n'en ont fermé.
À l'automne, il entame une maîtrise en recherche-création à l'Université d'Ottawa, avec l'ambition d'écrire un texte qui tisserait autofiction, histoire familiale et esthétique queer. Un projet personnel et ambitieux, qui laisse entrevoir un créateur qui ne s'arrête pas à l'interprétation.
Nous avons hâte de suivre ce que Simon-Rys Landry construira dans les prochaines années !
Pour le suivre sur Instagram : @simonryslandry