Regard sur la nouvelle génération d’artistes : Sarah Komendat

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Regard sur la nouvelle génération d’artistes : Sarah Komendat

Jeudi 2 mai 2024

Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec le Département de théâtre et la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa.

Sarah Komendat a 20 ans et est originaire d’Ottawa. Elle est actuellement étudiante en 3e année de théâtre à l’Université d’Ottawa, et sera diplômée dans quelques semaines. Elle répond à nos questions pour nous parler de son parcours théâtral.

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’être comédienne?

J’évolue dans un environnement théâtral depuis l’enfance, auquel j’ai accédé initialement par l’entremise de ma belle-mère et son fils. Avec lui, nous nous amusions à nous déguiser, à faire des vidéos, et même à créer notre propre version de la série Kaboum. C’est vraiment là que tout a commencé pour moi !

Peux-tu nous raconter les moments clefs de ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Au secondaire, je suis allée à l’École De La Salle. En 7e et 8e années, j’ai choisi les arts visuels et le théâtre, mes deux passions. Puis il a fallu faire des auditions en 8eannée, pour lesquelles j’ai interprété le fameux monologue du bingo des Belles-Sœursde Michel Tremblay. Ma professeure de l’époque, Renée Aubin, m’avait vraiment aidée à rendre mon interprétation plus profonde, subtile et intense. Ce texte m’a suivie pendant des années, car c’est celui-ci que j’ai interprété plus tard lors des auditions pour le Prix d’excellence artistique de l’Ontario. Je suis très attachée à ce texte, il occupe une place très spéciale pour moi !

C’est en 10e année que j’ai obtenu mon premier grand rôle. Ce fut une expérience très riche en apprentissages, le rôle comprenait beaucoup de texte, il a fallu travailler très fort, et cela m’a permis d’explorer et de développer une autre facette de mon jeu de comédienne, plus sérieuse et plus sensible. A propos d’apprentissages, mes enseignants de théâtre de la 9e à la 12e année y ont grandement contribué, et des personnes comme Maxine Turcotte et Éric Beevis ont eu un impact immense sur mon parcours artistique.

Aujourd’hui, je suis en 3e année à l’Université d’Ottawa. Nous venons de présenter notre production, et je gradue en juin ! Je m’apprête donc à me « lancer dans le vide » en quelque sorte. La plupart des professeur·e·s nous ont dit que cette période d’entre-deux serait le moment idéal pour créer, pour penser à toutes les choses que l’on a envie de faire d’un point de vue artistique, explorer, expérimenter.

En ce qui me concerne, même si je me suis spécialisée en jeu au conservatoire, je souhaite vraiment explorer l’écriture et la mise en scène. Ce qui m’importe c’est de nourrir ma créativité ; maintenant il est important de garder confiance en soi, en son art, et de ne pas avoir peur de se lancer !

Je suis donc excitée tout en ayant un peu peur malgré tout. C’est une carrière dans laquelle les attentes sont hautes et où rien n’est garanti, mais j’ai confiance en moi ! J’ai fait de nombreuses découvertes et rencontres pendant mes trois années de conservatoire. Je ne pars donc pas de zéro, et je sais que je pourrai toujours aller chercher conseil auprès de mes professeur·e·s. L’entraide, le soutien et les ressources que ce programme m’a offerts sont considérables.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans le métier d’interprète ?

Plein de choses ! Nourrir ma créativité reste central. Je suis quelqu’un qui rêve beaucoup, et dans d’autres milieux et carrières, cela serait probablement moins facile. Ce que j’aime dans le milieu théâtral c’est que TOUT est possible, que les seules limites qui existent sont celles que l’on se crée.

Peux-tu nous raconter un ou deux souvenirs marquants de tes études à l’Université d’Ottawa ?

Il y en a tellement ! Nous sommes une cohorte de huit personnes, très proches, qui sont véritablement devenues ma famille.

En début de 2e année, nous avons eu un atelier intensif de deux semaines avec Miriam Cusson, au cours duquel nous avons recréé notre propre version du spectacle Un. Deux. Trois. Ce projet, qui aborde beaucoup de questions liées à l’identité, nous a vraiment appris à nous connaitre nous-mêmes, a généré beaucoup de questions, de débats, de discussions très riches. C’est là que j’ai commencé à écrire pour la première fois : un monologue sur le déchirement identitaire francophone / anglophone, sur le complexe linguistique dont j’ai fini par m’affranchir grâce aux rencontres avec des personnes bilingues qui se sentaient libres, assumées, capables de s’exprimer de leur propre manière.

En début de 3e année, nous avons beaucoup abordé le jeu clownesque. Étant jusque-là plus habituée au jeu contemporain et réaliste, cela m’a vraiment poussée hors de ma zone de confort. Je suis habituellement moins confortable en improvisation, j’aime avoir un texte à étudier. Mais finalement j’ai adoré cette expérience, et me suis rendue compte que j’étais capable de toucher à cet aspect du jeu, et d’aimer !

Quels sont tes centres d’intérêts ou passions au-delà du théâtre ?

J’adore les plantes ! Si ma carrière artistique ne fonctionnait pas, je serais heureuse de vivre au milieu des fleurs ! J’aimerais vivre à la campagne, j’adore être dehors. J’aime aussi beaucoup la créativité qu’offre le bartending, créer des breuvages, des cocktails. Actuellement je travaille dans le café de mon père. C’est un lieu créatif dont nous avons créé le concept ensemble de A à Z avec mon père et ma sœur. Donc s’il devait y avoir un rêve autre que le théâtre, ce serait : un café fleuriste, dans la nature, avec de quoi écrire !

Comment imagines-tu ton futur en tant qu’artiste ?

C’est difficile de se projeter clairement dans le futur, il y a de nombreuses variables, tout peut changer. Mais pour l’instant, je m’imagine à Ottawa, peut-être à Montréal, dans ce milieu que je connais et que j’aime, où tellement de belles choses se passent. Un endroit dans lequel je serais heureuse de vivre mon art, et où je pourrais jouer et créer.

Y a-t-il autre chose que tu voudrais partager avec nous ?

J’ai reçu la Bourse Patrick Leroux du Théâtre Catapulte. Je serai donc cet été en stage d’observation de leurs laboratoires, au cours duquel je vais recevoir du conseil dramaturgique aussi bien sur ces projets que pour les miens. Je vais aussi prendre du temps cet été pour écrire pour mes propres projets, notamment en rapport avec mon vécu en ce qui concerne le bilinguisme. D’ailleurs, j’ai aussi fait des projets en anglais (une comédie musicale notamment), et dans le futur j’aimerais écrire dans les deux langues. J’aime bien dire que je parle en italiques !