Dillon Orr met en scène Le Club des éphémères

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Dillon Orr met en scène Le Club des éphémères

Lundi 21 mars 2022

Dillon Orr (récipiendaire du Prix Pauline McGibbon Award du Conseil des arts de l’Ontario en 2021) nous présente Le Club des éphémères, pièce d'Alain Doom développée dans le cadre d’une résidence d’écriture au TfT.

« Ne pas sortir de la loge du pied droit ? Ne jamais chercher le regard du public de l’autre côté du rideau. Se maquiller avec une patte de lapin. Ne pas tricoter dans les coulisses.

Au théâtre, on est extrêmement superstitieux. Ce sont des vestiges importants de la riche histoire des arts vivants, qui nous rappellent qu’en créant sur scène, nous participons à l’une des plus vieilles traditions humaines.

L'embargo sur le sifflement au théâtre a commencé lorsque les postes de machinistes de scène étaient occupés par des marins qui travaillaient au noir et qui utilisaient des sifflements codés pour communiquer ; un sifflement intempestif pouvait donc vous faire tomber un morceau de décor sur la tête. Les vraies plantes sont interdites sur scène, les vrais bijoux nuisent à la conception des lumières, sans oublier les costumes verts, qui sont absolument proscrits.

Peut-être aussi que le théâtre partage son étrangeté et son mystérieux avec l’occultisme pour nous rappeler qu’il est, en effet, une forme de sorcellerie.

Avouons-le. La frontière entre le théâtre et la magie est floue.

Le manuel d’instructions, La Divulgation de la sorcellerie, où les agissements indécents des sorcières et de ceux qui font commerce de sorcellerie sont révélés au grand jour, en seize livres de Reginald Scot (1584), précise justement qu’au théâtre, les comédiennes et les illusionnistes sont plutôt des interprètes, et non des sorcières.

Quoique, une partie de l'arme d'une sorcière est évidemment sa capacité à créer du bon théâtre…

Si la scène est un miroir tendu à la société et que les miroirs sont des objets des plus magiques, peut-être que nous devrons songer à écouter les sorcières et à croire aux superstitions, qui eux, adhèrent jusqu’aux plus petit des voiles entre le monde du surréel : le rideau de scène.

Connaissez-vous Le Malleus Maleficarum ? Non ? Bizarre. C’est un traité religieux publié à Strasbourg en 1486 ou 1487. Le Malleus Malficarum accuse même les sorcières d’avoir le pouvoir de voler l’organe masculin de son corps. Il continue en donnant des récits de sorcières commentant ces crimes. Je dis cela, mais je dis rien.

Bienvenue au Club des éphémères. »

Dillon Orr, Metteur en scène

À propos de Dillon

Originaire de la région du Détroit, Dillon Orr est un metteur en scène franco-ontarien. Il est diplômé du Département de théâtre de l’Université d’Ottawa et de l’École nationale de théâtre du Canada. Fortement intéressé par le développement et la production de nouvelles dramaturgies, Dillon est récipiendaire des prix Paulette-Gagnon (2016) et National d’excellence RBC (2019), décernés par la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada, ainsi que le Prix Pauline McGibbon Award (2021) du Conseil des arts de l’Ontario. Son théâtre et ses prises de paroles, empreintes de passion parfois grinçantes, sont vectorisés par l’humour et l’accessibilité, dans un esprit de divertissement populaire, représentant ainsi son unicité et sa soif de représentativité dans un théâtre intrinsèquement franco-ontarien. Parmi ses nombreuses créations, notons Le club des éphémères (Théâtre du Nouvel-Ontario, Théâtre français de Toronto), Ceci n’est pas une lettre d’adieu… (Théâtre Catapulte), Toutou (Vox Théâtre), Jeff Koons (Théâtre du Trillium, Centre Phi) et Vaches, The Musical (Créations In Vivo).